Les classes surchargées ont un impact négatif sur les élèves les moins bons selon une étude britannique
Les classes surchargées impactent négativement les élèves qui ont déjà des difficultés, conclut une étude de l'Institute of Education de Londres: les élèves les moins doués sont ceux qui souffrent le plus du manque d'encadrement individualisé consécutif à la surcharge des effectifs. Ajouter cinq élèves dans une classe augmente de 40% le nombre d'élèves dont les résultats vont baisser de manière conséquente. Toutefois, l'impact de l'augmentation des effectifs est négligeable pour la majorité des élèves aux résultats bons ou corrects. Selon l'étude, on trouve deux fois plus de "comportements de décrochage" de la part d'élèves en situation d'échec dans une classe de 30 élèves que dans une classe de 15. Or, des effectifs de 30 élèves par classe sont communs dans le secteur public alors que dans le secteur privé, la norme est proche de 15 élèves par classe.
La publication de ces résultats survient à un moment où la taille des classes redevient un sujet de controverses. La semaine dernière, le ministre délégué aux Affaires scolaires, Jim Knight, a déclaré qu'il était "parfaitement acceptable" d'enseigner les mathématiques dans des classes de 70 élèves, à condition que soient présents en nombre suffisant enseignants et assistants scolaires. Cette remarque a suscité des réactions très négatives des syndicats enseignants et en particulier du principal d'entre eux, le NUT (National Union of Teachers), dont les délégués en conférence débattent justement d'une motion visant à imposer une limite légale de 20 élèves par classe d'ici 2020. En 1997, le gouvernement travailliste avait, dans son programme, promis de limiter à 30 le nombre d'élèves par classe. Cette limite était devenue une obligation légale en 2001 pour les premières années de primaire mais il n'en existe aucune pour les élèves de plus de 8 ans.
La taille des classes dans les écoles anglaises est l'une des plus importantes parmi les pays développés avec une moyenne des 26,2 élèves par classe en primaire et de 21,1 en secondaire dans le secteur public. Le pays est 23ème sur 30 dans l'OCDE et plus de 14% des élèves de primaire et 11% de ceux de secondaire travaillent dans des classes de plus de 31 élèves. Avec une moyenne de 10,7 élèves par classe, le secteur privé est très en deçà des moyennes du public et l'Angleterre est le pays développé où la différence d'effectifs entre le public et le privé est la plus importante.
lundi 31 mars 2008
drôle de journée
A 10 h 30 ce matin le parents d'élèves ont bloqué les enseignants durant 2 heures.
Dans l'attente d'une nouvelle DGH, nous avons décidé de reprendre le travail.
Cependant, enseignants et parents restent vigilants et mobilisés.
Nous n'avons pas dit notre dernier mot !!!
Dans l'attente d'une nouvelle DGH, nous avons décidé de reprendre le travail.
Cependant, enseignants et parents restent vigilants et mobilisés.
Nous n'avons pas dit notre dernier mot !!!
samedi 29 mars 2008
Lieux communs
Un enseignant est présent 18 heures par semaine devant ses élèves. Si on ajoute les temps de préparation des cours, de correction, de concertation avec les collègues, de formation, d'orientation des élèves, d'entretiens avec ceux-ci, avec leurs parents, de conseil, d'administration etc... on arrive à un total qui dépasse allègrement (!) le temps de travail hebdomadaire légal.
Augmenter le temps de travail, c'est augmenter la fatigue, mais surtout les risques d'erreurs et d'accident. Qu'un ouvrier de chez Renault monte de travers une portière de voiture parce qu'il est épuisé et sous la pression, c'est peut-être grave, mais pas irrémédiable. Qu'un enseignant commette le même genre d'erreur, et on en devine les conséquences.
La politique qui se dessine consiste à diminuer le nombre d'heures « normales » pour les enseignants, et parallèlement d'augmenter le nombre d'heures supplémentaires disponibles. Les enseignants seront moins nombreux, ils travailleront plus. C'est la conséquence de la dernière suppression de plus de 11000 postes à l'Education Nationale (dont près de 9000 enseignants), s'ajoutant aux précédents fauchages (quelques 40000 postes).
Cette politique présuppose une participation volontaire (pour l'instant...), voire enthousiaste, des enseignants qui, victimes du lavage de cerveau du « Travailler plus pour gagner plus » se rueraient sur cette manne.
Elle touche essentiellement les établissements situés dans les quartiers populaires.
C'est inquiétant et appelle quelques remarques.
Notre collège Bellefontaine est touché. Le contrat de trois ans « sur objectifs » qu'on nous a imposé, dit « ambition-réussite », qui devait nous assurer des moyens supplémentaires, moyens d'ailleurs amputés à d'autres établissements, notamment ruraux, nous a en réalité juste permis de ne pas perdre les moyens dont on disposait. C 'était vrai la première année. Ce n'est plus le cas, et les moyens baissent. Les contrats n'engagent que ceux qui y croient...
Le mépris dans lequel le gouvernement tient les enseignants, avides et égoïstes comme chacun le sait, prêts à sacrifier l'intérêt de leurs élèves pour quelques euros de plus, ne serait pas si grave s'il ne se doublait d'un mépris plus grand encore envers nos élèves, les futurs citoyens. Peu importe ce qui se fait au Collège (on pourrait parler des programmes...), et comment cela se fait, du moment que tout est « sous contrôle ». Une immense garderie, ce sera déjà bien assez.
Ce qui nous arrive dépasse largement le cadre de nos collèges et lycées de banlieue. C'est le pilier principal de notre République, l'Education, qu'on cherche à saper. Et on nous demande, avant de l'imposer (voir le rapport Pochard), de participer au sabotage. Non merci.
Que les parents de nos élèves aient réagi si rapidement et de manière si déterminée prouve qu'ils sont pleinement conscients des enjeux. C'est le signe d'un attachement fort et déterminé à une Éducation Nationale de qualité.
SIB
Augmenter le temps de travail, c'est augmenter la fatigue, mais surtout les risques d'erreurs et d'accident. Qu'un ouvrier de chez Renault monte de travers une portière de voiture parce qu'il est épuisé et sous la pression, c'est peut-être grave, mais pas irrémédiable. Qu'un enseignant commette le même genre d'erreur, et on en devine les conséquences.
La politique qui se dessine consiste à diminuer le nombre d'heures « normales » pour les enseignants, et parallèlement d'augmenter le nombre d'heures supplémentaires disponibles. Les enseignants seront moins nombreux, ils travailleront plus. C'est la conséquence de la dernière suppression de plus de 11000 postes à l'Education Nationale (dont près de 9000 enseignants), s'ajoutant aux précédents fauchages (quelques 40000 postes).
Cette politique présuppose une participation volontaire (pour l'instant...), voire enthousiaste, des enseignants qui, victimes du lavage de cerveau du « Travailler plus pour gagner plus » se rueraient sur cette manne.
Elle touche essentiellement les établissements situés dans les quartiers populaires.
C'est inquiétant et appelle quelques remarques.
Notre collège Bellefontaine est touché. Le contrat de trois ans « sur objectifs » qu'on nous a imposé, dit « ambition-réussite », qui devait nous assurer des moyens supplémentaires, moyens d'ailleurs amputés à d'autres établissements, notamment ruraux, nous a en réalité juste permis de ne pas perdre les moyens dont on disposait. C 'était vrai la première année. Ce n'est plus le cas, et les moyens baissent. Les contrats n'engagent que ceux qui y croient...
Le mépris dans lequel le gouvernement tient les enseignants, avides et égoïstes comme chacun le sait, prêts à sacrifier l'intérêt de leurs élèves pour quelques euros de plus, ne serait pas si grave s'il ne se doublait d'un mépris plus grand encore envers nos élèves, les futurs citoyens. Peu importe ce qui se fait au Collège (on pourrait parler des programmes...), et comment cela se fait, du moment que tout est « sous contrôle ». Une immense garderie, ce sera déjà bien assez.
Ce qui nous arrive dépasse largement le cadre de nos collèges et lycées de banlieue. C'est le pilier principal de notre République, l'Education, qu'on cherche à saper. Et on nous demande, avant de l'imposer (voir le rapport Pochard), de participer au sabotage. Non merci.
Que les parents de nos élèves aient réagi si rapidement et de manière si déterminée prouve qu'ils sont pleinement conscients des enjeux. C'est le signe d'un attachement fort et déterminé à une Éducation Nationale de qualité.
SIB
vendredi 28 mars 2008
Y a-t-il un pilote dans l'avion ?
On ne résiste pas au plaisir (?) de publier ce message, tiré du site "le mammouth déchaîné" (voir lien dans la partie lectures). A consommer sans modération.
Piloter, évaluer, trouver des indicateurs, les référentiels de compétence, le socle commun, définir des contrats d'objectifs, ce sont les mots qui reviennent de façon récurrente dans la bouche des institutionnels (du gouvernement comme des régions ou départements) et qui traduisent surtout un certain désarroi politique face à une impossibilité intellectuelle de penser l'école. Il faut donc développer un discours profondément marqué du sceau scientifique pour justifier une évolution qui est dessinée dans certains rapports (OCDE, LOLF, UE) depuis parfois plus de 10 ans. Discours qui tranche avec celui du "tout le monde sait bien". En apparence seulement, car de toute façon l'objet est de démontrer que ce que tout le monde sait bien, et bien tout le monde a raison de bien le savoir. En revanche, ce sur quoi tous les chercheurs et sociologues s'accordent, nulle part dans ces institutions il n'en est fait état (notez d'ailleurs que c'est tout juste si on dit pas que les sociologues, il y en a trop).
La question est de savoir dans quelle mesure la réussite de l'école est soluble dans l'évaluation. La culture du résultat est-elle applicable à l'évaluation de la réussite scolaire? Encore faudrait-il savoir ce qu'est la réussite scolaire. Le niveau d'étude et le diplôme ? C'est en contradiction avec ce que l'on nous dit sur les filières professionnelles et ce que l'on nous rabâche sur le manque de plombiers. C'est en porte à faux également avec la vue à court terme que donnent les résultats aux examens. Les outils manquent et manqueront toujours du moment que l'on cherchera à mettre en adéquation l'école avec une société qui ne cesse d'évoluer. La fin des lamenti n'est donc pas pour demain.
Et puis, qu'en tirer, de ces évaluations ? Ce que l'on peut craindre c'est l'émergence d'un nouveau dogme pédagogique qui ne sera certainement pas mieux que les autres. Une pédagogie scientifique du résultat qui va satisfaire dans l'instant les partisans des vieilles méthodes mais aboutira à un même constat d'échec car elle ne prend pas en compte que l'école lutte contre la société du consommable et de l'éphémère.
Le problème est aussi que certains dans l'EN ont intégré cette culture. Les corps d'inspection ou de direction. On ne peut pas attendre autre chose de personnes payées pour cela et qui ont été recrutées sur leurs capacités (et leur servilité) à développer une attitude manageriale. Plus grave est la cécité de certains enseignants. Il faut même remarquer que plus on s'éloigne des classes contingentes, ou les problèmes se posent vraiment, plus on est adepte de cette culture du résultat (et plus on a des idées sur ce qu'il faut faire d'ailleurs...). Alors s'il vous plaît, ceux qui n'ont pas vu de classes de 6e depuis 20 ans, ne venez pas expliquer comment travailler à ceux qui se débattent avec.
Cependant, la différence avec il y a encore dix ans, c'est que désormais on ne nous fait plus croire que tout cela se fait au nom du progrès pédagogique, du mieux disant culturel et du travailler autrement pour travailler mieux. Il n'y a plus que certains militants naïfs de la pensée gnangante-SGEN-CFDT qui se voilent encore la face. Tant mieux, c'est toujours ça.
DR
Piloter, évaluer, trouver des indicateurs, les référentiels de compétence, le socle commun, définir des contrats d'objectifs, ce sont les mots qui reviennent de façon récurrente dans la bouche des institutionnels (du gouvernement comme des régions ou départements) et qui traduisent surtout un certain désarroi politique face à une impossibilité intellectuelle de penser l'école. Il faut donc développer un discours profondément marqué du sceau scientifique pour justifier une évolution qui est dessinée dans certains rapports (OCDE, LOLF, UE) depuis parfois plus de 10 ans. Discours qui tranche avec celui du "tout le monde sait bien". En apparence seulement, car de toute façon l'objet est de démontrer que ce que tout le monde sait bien, et bien tout le monde a raison de bien le savoir. En revanche, ce sur quoi tous les chercheurs et sociologues s'accordent, nulle part dans ces institutions il n'en est fait état (notez d'ailleurs que c'est tout juste si on dit pas que les sociologues, il y en a trop).
La question est de savoir dans quelle mesure la réussite de l'école est soluble dans l'évaluation. La culture du résultat est-elle applicable à l'évaluation de la réussite scolaire? Encore faudrait-il savoir ce qu'est la réussite scolaire. Le niveau d'étude et le diplôme ? C'est en contradiction avec ce que l'on nous dit sur les filières professionnelles et ce que l'on nous rabâche sur le manque de plombiers. C'est en porte à faux également avec la vue à court terme que donnent les résultats aux examens. Les outils manquent et manqueront toujours du moment que l'on cherchera à mettre en adéquation l'école avec une société qui ne cesse d'évoluer. La fin des lamenti n'est donc pas pour demain.
Et puis, qu'en tirer, de ces évaluations ? Ce que l'on peut craindre c'est l'émergence d'un nouveau dogme pédagogique qui ne sera certainement pas mieux que les autres. Une pédagogie scientifique du résultat qui va satisfaire dans l'instant les partisans des vieilles méthodes mais aboutira à un même constat d'échec car elle ne prend pas en compte que l'école lutte contre la société du consommable et de l'éphémère.
Le problème est aussi que certains dans l'EN ont intégré cette culture. Les corps d'inspection ou de direction. On ne peut pas attendre autre chose de personnes payées pour cela et qui ont été recrutées sur leurs capacités (et leur servilité) à développer une attitude manageriale. Plus grave est la cécité de certains enseignants. Il faut même remarquer que plus on s'éloigne des classes contingentes, ou les problèmes se posent vraiment, plus on est adepte de cette culture du résultat (et plus on a des idées sur ce qu'il faut faire d'ailleurs...). Alors s'il vous plaît, ceux qui n'ont pas vu de classes de 6e depuis 20 ans, ne venez pas expliquer comment travailler à ceux qui se débattent avec.
Cependant, la différence avec il y a encore dix ans, c'est que désormais on ne nous fait plus croire que tout cela se fait au nom du progrès pédagogique, du mieux disant culturel et du travailler autrement pour travailler mieux. Il n'y a plus que certains militants naïfs de la pensée gnangante-SGEN-CFDT qui se voilent encore la face. Tant mieux, c'est toujours ça.
DR
Darcos sur France Inter
Lundi 31 mars, notre minitre Xavier Darcos sera sur l'antenne de France Inter à 8h15.
Des questions ????
Des questions ????
Je n'ai rien dit...
Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait personne pour protester...
Pasteur Martin Niemoller (1892-1984), Dachau 1942
je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait personne pour protester...
Pasteur Martin Niemoller (1892-1984), Dachau 1942
Inscription à :
Articles (Atom)
